LE CERCLE ROUGE de JEAN-PIERRE MELVILLE (1970)
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LE CERCLE ROUGE
Film français
Genre: Policier
Durée: 2h30
L'HISTOIRE:
Emprisonné à Marseille pendant cinq ans, Corey, un jeune truand, va être libéré avec anticipation pour bonne conduite. Le gardien qui lui annonce la nouvelle en profite pour lui proposer une affaire. Il s'agit d'un hold-up dans une bijouterie de la place Vendôme. D'abord réticent, Corey finit par accepter. Le lendemain, à sa sortie de prison, il se rend chez Rico, une vieille connaissance, et lui emprunte un revolver ainsi que de l'argent, avec lequel il achète une voiture pour rejoindre la capitale. Pendant ce temps, le commissaire Mattéi escorte le prévenu Vogel, qui profite d'un ralentissement pour s'enfuir. Ce dernier se cache dans le coffre de la voiture de Corey. Après l'avoir aidé à échapper aux policiers, Corey propose à Vogel de faire le hold-up avec lui. Mais ils vont avoir besoin d'un troisième homme: c'est Jansen, un ex-flic devenu alcoolique, qui va les aider...
MON AVIS:
<< Quand des hommes, même s'ils s'ignorent, doivent se retrouver un jour, tout peut arriver à chacun d'entre eux, et ils peuvent suivre des chemins divergents. Au jour dit, inexorablement, ils seront réunis dans le cercle rouge >>. C'est sur cette citation, attribuée au dieu indien Krishna, que s'ouvre << Le Cercle Rouge >> (1970), aujourd'hui considéré comme l'ultime chef-d'oeuvre de Jean-Pierre Melville. Après nous avoir parlé de la résistance sous l'Occupation dans << L'Armée des Ombres >> (1969), Melville change ici de registre et revient à un genre dans lequel il a déjà excellé auparavant: le film policier.
Après << Le Samouraï >> (1967), Melville retrouve pour la deuxième fois Alain Delon. Les deux hommes se retrouveront encore une fois, en 1972, pour << Un flic >>, le dernier film du cinéaste. Ici, Delon incarne, avec son élégance habituelle, Corey, le jeune truand taciturne et solitaire. A ses côtés, Yves Montand tient le rôle de Jansen, l'ex-flic devenu alcoolique, et il nous livre une composition très émouvante. Gian Maria Volonte, que l'on a aperçu quelques années avant chez Sergio Leone, prête ses traits à Vogel, le truand en fuite. Ce magnifique trio d'acteurs affronte << André >> Bourvil, qui, pour la première fois de sa carrière, ajouta son prénom à son pseudonyme. Bourvil, qui décédera quelques jours seulement après la fin du tournage, interprète avec sobriété le commissaire Mattéi, et il trouve ici son plus beau rôle dramatique. On retrouve également le grand François Périer, que l'on avait déjà pu voir en 1967 dans << Le Samouraï >> du même Melville.
Au premier abord, le scénario semble assez banal, mais en vérité, << Le Cercle Rouge >> est un film beaucoup plus profond qu'on pourrait l'imaginer au départ. Melville prend son temps pour nous conter son histoire et sa mise en scène est très soignée. De plus, il s'attarde également sur les personnalités des protagonistes principaux, ce qui rend son film encore plus intéréssant.
Par exemple, le personnage du commissaire Mattéi est, dans son travail, un homme extrêmement sérieux qui essaye d'accomplir son boulot du mieux qu'il peut. Mais quand il rentre chez lui le soir, il redevient un simple homme, heureux de retrouver ses chats. L'autre personnage intéréssant de ce film, c'est Jansen, interprété par le formidable Yves Montand. Jansen est un ancien flic qui a raté sa vie et qui est devenu alcoolique à cause de cela. De plus, il est victime d'horribles hallucinations (d'ailleurs, je tiens à noter que les trucages sont très bien faits, les hallucinations sont vraiment effrayantes !). Ce hold-up va lui permettre de remonter à la surface et de prendre sa revanche sur la vie.
En s'attardant ainsi sur les personnalités assez complexes de ses héros, Melville réussit à éviter la banalité et donne ainsi naissance à un style de film très particulier qui n'appartient qu'à lui. La musique, très mélancolique, donne à l'histoire une dimension encore plus tragique.
EN CONCLUSION:
Servi par une interprétation remarquable et orchestré avec maestria par Jean-Pierre Melville, << Le Cercle Rouge >> est une magnifique réfléxion sur la fatalité, un film qui, par son atmosphère étrange et sa mise en scène inégalable, devait s'imposer comme un classique du polar à la française. Un pur chef-d'oeuvre.
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