LE KID de CHARLES CHAPLIN (1921)
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Le Kid (The Kid) (1921)
Film américain | Comédie dramatique | 1h08 | Tous publics
Charlot, modeste vitrier, recueille et élève un enfant abandonné par sa mère, une pauvre femme victime d'un séducteur. Ils mettent au point un astucieux travail d'équipe : l'enfant casse les carreaux que son père adoptif se fait ensuite un devoir de réparer, gagnant ainsi de quoi assurer quotidiennement à chacun un humble repas. Mais le jour où l'enfant tombe brusquement malade, les services sociaux interviennent, bien résolus à confier celui-ci à un orphelinat...
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« Un film avec un sourire, et peut-être aussi une larme. » C'est sur ces premiers mots que s'ouvre Le Kid, premier long-métrage réalisé par Charles Chaplin, sorti en 1921. Vu sous un angle contemporain, et à l'aune de l'immense œuvre que l'illustre artiste a laissé derrière lui, l'on pourrait presque dire que tout ce qui va caractériser le cinéma de Chaplin et ses films futurs se retrouve en quelque sorte déjà défini dans ces premiers mots, tout ce qui fera à la fois la quintessence et la puissance inégalée, universelle et intemporelle de son cinéma - à savoir un cinéma jonglant constamment entre le rire et la tristesse, l'espérance et la tragédie, la légèreté et la gravité - se retrouve d'une certaine manière déjà condensé au sein de cette seule phrase introductive du Kid. En une phrase, une seule, Chaplin donne non seulement le ton à ce film, mais aussi à tous ceux qu'il va réaliser après.
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À travers Le Kid et son histoire, Chaplin s'inspire probablement de son propre passé d'enfant londonien ayant grandi dans la précarité, et donne à voir le sort déchirant de ces gamins qui, entre le mitan et la fin du XIXe siècle, étaient abandonnés à leur naissance - ou dès leur plus jeune âge, ce qui revenait peu ou prou au même - par des parents n'ayant hélas pas les moyens de les élever dignement, parce qu'ayant justement trop peu de moyens pour déjà pourvoir dignement à leurs propres besoins.
Dépourvus de repères familiaux et affectifs stables tout autant que de repère géographique stable (au sens de refuge, plus encore peut-être que de domicile fixe), ces Oliver Twist et autres Gavroche en puissance se retrouvaient dès lors livrés à eux-mêmes ou à la misère infamante des orphelinats de l'époque. Ainsi Le Kid nous ballotte-t-il immédiatement d'une émotion à une autre, les scènes les plus cocasses se juxtaposant sans cesse aux scènes les plus bouleversantes, l'humour déjà mordant de l'acteur-réalisateur venant effectivement en permanence se greffer au drame social qui se joue à l'écran, le contrebalançant de manière bienvenue en agissant telle une soupape pour le spectateur.
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Par ailleurs, comment parler convenablement du Kid sans parler évidemment de celui qui lui prête ses traits, l'inoubliable et adorable Jackie Coogan ? Véritable « modèle réduit » de Charlot (!), il s'avère époustouflant de justesse et de naturel, son interprétation étant véritablement sidérante pour son jeune âge - qui était, rappelons-le, de seulement quatre ans lors du tournage !
Mais si l'émotion irrépressible qui imprègne certaines séquences du Kid perdure encore de nos jours et se révèle même plus vivace que jamais, c'est peut-être également grâce à l'extraordinaire et somptueuse musique qui accompagne et magnifie l'ensemble du récit, elle aussi fruit du formidable travail de Charles Chaplin - lequel accordera d'ailleurs toujours un soin très particulier et on ne peut plus méticuleux aux B.O. de ses longs-métrages, qu'il composera en fait définitivement lui-même à partir des Lumières de la Ville [plus d'infos à ce sujet ICI].
Qu'ajouter d'autre pour conclure ? Tout simplement que voir ou revoir Le Kid aujourd'hui, c'est non seulement assister à l'enfantement d'une œuvre-clé du 7e Art, mais c'est surtout se faire le témoin des premiers pas d'un cinéaste visionnaire que l'avenir érigera à juste titre en bonne place parmi les maîtres incontestés de ce même 7e Art. Ni plus ni moins.
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