Hommage à Jean-Claude Brialy
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Le comédien et metteur en scène Jean-Claude Brialy est décédé mercredi 30 mai 2007 des suites d'une longue maladie, à l'âge de 74 ans.
Ce grand amoureux du Septième Art aura attendu la fin du Festival de Cannes pour tirer sa révérence. Comédien, réalisateur, metteur en scène, directeur de salle et grande figure de la vie mondaine parisienne, Jean-Claude Brialy a succombé mercredi 30 mai à une longue maladie, à son domicile de Monthyon (Seine-et-Marne). Lauréat d'un César du Meilleur second rôle en 1987 pour « Les Innocents », il s'était illustré durant la Nouvelle Vague, avant de devenir un visage incontournable de la scène, du grand et du petit écran. Il était âgé de 74 ans.
Fils de colonel, Jean-Claude Brialy, né en Algérie en 1933, vit son enfance au rythme des mutations paternelles. Après le bac, il s'inscrit d'abord au Conservatoire de Strasbourg où il obtient un premier prix de comédie, puis au Centre d'art dramatique de l'Est. En service militaire à Baden-Baden, il est affecté au service cinéma des armées, qui lui donne entre autres l'occasion de tourner dans son premier court-métrage, « Chiffonard et Bon Aloi ». À cette époque, il sympathise aussi avec plusieurs comédiens en tournée théâtrale, dont Jean Marais, qui l'encourage dans sa vocation.
Débarquant à Paris en 1954, il fréquente très vite la bande des Cahiers du Cinéma. C'est Jacques Rivette qui l'engage le premier dans son court-métrage « Le Coup du berger », en 1956. La même année, il tourne « L'Ami de la famille », qu'il considère comme son premier vrai rôle, et multiplie les apparitions (« Ascenseur pour l'échafaud », 1957). La célébrité arrive en 1958 avec les deux premiers films de Claude Chabrol : « Le Beau Serge » et « Les Cousins » révèlent un acteur désinvolte et racé. Compagnon de route des Jeunes Turcs, Brialy tourne avec Godard (« Une femme est une femme », 1960), Truffaut (« La Mariée était en noir », 1967) ou encore Rohmer (« Le Genou de Claire », 1969). Vu aussi chez Bunuel ou Scola, on le retrouve bon copain dans « Christine » (avec ses amis Delon et Romy Schneider) ou débordé par les femmes (« La Chasse à l'homme », « Julie pot de colle »). Est-ce son goût pour la légèreté et la dérision qui l'empêcheront d'avoir accès aux premiers rôles ?... Qu'importe : sans accéder au statut de star, il jouit d'une forte popularité qui ne se démentira jamais.
En 1971, il réalise son premier film, « Eglantine », une évocation nostalgique de ses souvenirs d'enfance, primée au Festival de San Sebastian. Attaché à cette période de la vie, Jean-Claude Brialy mettra également en images « Les Malheurs de Sophie » (1981), et surtout, « Un bon petit diable » (1983), offrant à Alice Sapritch, effrayante en marâtre, un de ses rôles les plus marquants. En tout, il réalisera six longs métrages pour le cinéma, et autant pour la télévision. Parmi ses nombreuses activités, il faut aussi citer celles de directeur de théâtre (celui des Bouffes-Parisiens notamment) d'organisateur de festivals, tels que celui de Ramatuelle, et d'animateur d'émissions de radio (sur Europe 1 en particulier). On l'a même entendu pousser la chansonnette face à Anna Karina, chez Godard, ou dans le téléfilm « Anna » sur des airs de Gainsbourg.
S'il cultive une image d'amuseur élégant, Jean-Claude Brialy est aussi capable d'explorer des territoires plus sombres (« Mortelle randonnée » de Claude Miller, avec qui il tourna également « L'Effrontée »). Et, comme souvent dans ces cas-là, ce sont ses incursions dans un registre « sérieux » qui lui valent la reconnaissance de ses pairs : il est nommé au César du Meilleur second rôle en 1977 pour sa composition de procureur dans « Le Juge et l'Assassin » de Bertrand Tavernier, et obtiendra cette récompense en 1987 pour son rôle d'homo désespéré dans « Les Innocents » de Téchiné. À partir des années 90, le raffiné Brialy, très à l'aise dans les films d'époque (« La Reine Margot », « Beaumarchais »), trouve peu de personnages forts au cinéma, mais ce boulimique de travail continue d'enchaîner les rôles et les mises en scène sur le petit écran (« Les Rois Maudits ») et sur les planches.
Ces dernières années, on retrouvait son nom au générique de plusieurs comédies (dans « C'est le bouquet ! », il forme avec Dominique Besnehard un couple irrésistible), mais Brialy a surtout surpris son monde en publiant en 2000 un livre de souvenirs « Le Ruisseau des singes », dans lequel ce formidable conteur revient entre autres sur son enfance en Algérie. Le succès est tel qu'un deuxième tome suit en 2004, « J'ai oublié de vous dire... », nouveau recueil de confidences et de portraits signé par un grand connaisseur du cinéma au cœur de midinette. Une de ses dernières apparitions publiques, ce fut en avril dernier, lors des obsèques de Jean-Pierre Cassel, un autre dandy chéri des Français, avec lequel il venait de tourner « Dernière enquête ».
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Après Philippe Noiret et Jean-Pierre Cassel, c'est une autre étoile du cinéma français qui vient de s'éteindre. Jean-Claude Brialy fait partie des acteurs que je connais très peu, car ce n'est pas ma génération, mais sa disparition m'a quand même attristée et voilà pourquoi je souhaite lui rendre hommage à travers cet article. On se souviendra longtemps de sa voix, qui, comme celle de Philippe Noiret, est devenue inoubliable. Adieu l'artiste !
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